jeudi 31 janvier 2013
Les noces d'or, vues de près!
Je vous livre le joli texte qu'Evelyne a écrit sur ce 22 janvier dernier qu'elle et Victor ont eu la chance et l'honneur de passer à Berlin. Ce jour-là, en effet, ils étaient les invités de Madame Merkel et de Monsieur Hollande au Reichstag! Rien que ça..... Avec eux, un petit morceau de la FAPS était également présent! Merci Evelyne!
Impressions berlinoises
Berlin, 22 janvier 2013
Le taxi roule sur des artères étrangement désertes.
Plus aucune circulation, ville-fantôme, tétanisée par la neige et la glace. Une
ambiance à la John Le Carré, style « L’espion qui venait du froid ».
Arrivés en vue du Reichstag, tout s’explique : « Keine Durchfahrt !»,
nous intiment des policiers encagoulés, aimables mais fermes. Tout le quartier
a été bouclé et la présence policière est là pour assurer la sécurité des
officiels français et allemands qui vont investir sous peu le siège du
Bundestag: quelque 500 députés français ajoutés aux 621 députés allemands, plus
les gouvernements français et allemand au grand complet, sans oublier les deux
chefs d’Etat et présidents des Parlements et de quelques organes officiels, la
presse internationale ...et quelques invités. On imagine sans peine le
casse-tête que doit représenter la sécurité, en ces temps incertains : une
petite bombe lâchée au moment propice sur la coupole du Reichstag, et c’est
« le moteur franco-allemand » qui vole en éclats, l’Europe qui se
trouve décapitée.
Heureusement, Victor et moi avons notre invitation
en main et ce sésame aide le taxi à franchir les deux cordons de police qui
nous séparent encore du but. Nous y voilà. Ignorant la file d’attente de gens
frigorifiés qui s’est formée au bas des marches, nous grimpons prestement
jusqu’à l’entrée : ma « tenue de ville exigée» (petite robe et
escarpins) m’interdit de piétiner dans la neige sous peine de fluxion de
poitrine galopante. Nous sommes donc dans le saint des saints, et là, je dois
dire que nous ressentons la solennité du moment. Dirigés vers la galerie
circulaire vitrée, nous dominons la grande salle pour l’heure entièrement
déserte, où des centaines de sièges attendent leurs occupants, l’aigle
gigantesque et bizarrement transparent trône sur les lieux dans un silence
impressionnant. Nulle fioriture, pas la moindre petite dorure, tout est d’une
sobriété, d’une élégance totales, sans être austère. Le Reichstag est
véritablement la maison de verre, conçue pour que les députés siègent au vu et
au su de tous.
On nous indique les (bonnes) places qui nous ont été
réservées dans la tribune, et en attendant le début du Festakt, nous allons
faire un tour à la cafeteria du Reichstag, qui bruisse du babil de la presse
étrangère, essentiellement française : autour de nous les tables sont jonchées de caméras (BMTV,
TF1, France 5, etc.), les journalistes, au bord de la crise de nerfs, essaient
vainement de joindre leurs rédactions, ça téléphone, ça SMesse dans tous les
coins. Nous engagerions volontiers la conversation, mais doutons fort que ce
soit apprécié et préférons donc ouvrir toutes grandes nos oreilles.
Puis
peu avant 14 heures nous regagnons nos places ( à côté de Catherine Trautmann,
l’ancienne maire de Strasbourg, et à quelques mètres de Richard von Weizsäcker,
l’ancien Président emblématique de la RFA).
Peu à peu messieurs et mesdames les parlementaires
font leur entrée en ordre dispersé, français et allemands confondus,
apparemment peu pressés de s’installer. On peut voir dans cette aimable
proximité les effets bénéfiques du Traité franco-allemand qui impose, depuis sa
signature en 1963, des rencontres régulières entre parlementaires et ministres
des deux pays : on se connaît visiblement bien ! Puis les deux
gouvernements prennent place à leur tour : tiens, tu as vu, Marie-Sol
Touraine, pour une fois, elle est en blanc ; ce n’est pas comme Christiane
Taubira, qui arbore un vert flashy à faire pâlir tous les Grünen de l’Assemblée.
Ah, ça réveille. Moscovici semble au mieux avec Schäuble, avec qui il n’arrête
pas de plaisanter et de rigoler. Quant à Fabius, il a l’air bien éprouvé, il en
somnole carrément, épanché sur son siège. Puis l’Assemblée se lève comme un/e
seul/e homme/femme (parité oblige) : entrée des champions dans
l’arène : « Angela », « François »,
« Jean-Marc », le Président Gauck et le Président de la Cour
constitutionnelle fédérale.
Alors,
c’est la litanie des discours, et plusieurs des orateurs français se lancent
dans un discours en allemand, non sans un certain panache et de solides
connaissances de base. Mais dans l’ensemble –comment dire ? – les prises
de parole de part et d’autre font un peu pâle figure en ce lieu et en ce jour,
qui devrait être, au-delà de la célébration du Traité, un jour de joie, comme
ces anniversaires que l’on fête, ravis de retrouver toute la famille et de
feuilleter ensemble l’album de photos, en se félicitant d’être encore tous là.
Ca sent un peu le job as usual, la figure de style imposée, c’est gentil et
consensuel, mais … on s’ennuierait presque. Est-ce vraiment un jour de
fête ?
Détail
croustillant, tout de même : lorsque Rainer Brüderle, le président du
groupe parlementaire FDP, se risque à une envolée un peu lyrique, rappelant que
le Traité de l’Elysée a fait de nous, « Français et Allemands, des
frères », on entend, venue des rangs des Verts, une voix féminine/iste
clamer: « Et des sœurs ! ». « Et des sœurs »,
s’exécute, fataliste, l’orateur.
A
la fin des discours, les deux hymnes nationaux retentissent, la séance est
levée.
Départ en bus jusqu’à la Philharmonie, où nous
attend un concert « franco-allemand », dirigé par Marek Janowsky,
chef de l’orchestre symphonique de la radio de Berlin. Beethoven (Ouverture
d’Egmont) et Saint-Saens (« symphonie avec orgue », pour moi un peu
musique de cirque, beaucoup de zimm boum boum ; j’espère que ce n’est pas
pour les Allemands le nec plus ultra de la musique française). La Philharmonie
à elle seule vaut le déplacement : cette construction bizarrement asymétrique
à l’extérieur comme à l’intérieur, comporte en son centre une scène située au
fond de l’immense salle de concert. Son acoustique est parfaite : on
entend pratiquement un chuchotement d’un côté à l’autre de la salle.
Beau
moment musical, suivi d’une réception plantureuse. Quelques instantanés
saisis : Montebourg vibrionnant au milieu d’une cour féminine, Borloo, le
premier que nous ayons vu un verre à la main à notre arrivée à la Philharmonie,
le Président Gauck, que j’arrive à photographier, presque à bout portant. Et
puis l’ambassadrice d’Allemagne, avec laquelle nous échangeons quelques mots.
Elle n’a sans doute jamais vu trace de la lettre de Christian envoyée par
Antje, qui a dû être interceptée au passage : c’est son secrétariat qui a la
maîtrise totale de son emploi du temps, nous dit-elle.
Quelques
réflexions sur le « Festakt »
- réminiscences
A la Philharmonie, le Président Gauck a ouvert son
discours, de loin le plus intéressant de la journée, par une longue citation
d’Hanna Schygulla, « la Parisienne allemande », rappelant ses
premières impressions quand elle débarquait à Paris en 1963, à l’âge de 19 ans.
A l’enthousiasme des Allemands suscité par le discours de de Gaulle, qui leur
redonne la conscience perdue de leur grande nation, elle oppose la réaction de
rejet des Parisiens d’alors qui ont encore dans les oreilles le martèlement des
bottes allemandes sur le pavé de la capitale.
En cette même fin d’octobre 1963, à l’aube de mes 22
ans, je fais le chemin inverse en débarquant à Cologne, pleine d’insouciance et
de la bonne conscience que procure la certitude d’être du « bon
côté. » Patatras : il ne faut que quelques mois pour que la belle
construction se fissure, que le doute s’insinue, que la réflexion s’amorce. Des
tracts, distribués par des associations d’étudiants algériens, dénoncent
l’emploi massif de la torture pendant les années de la
« pacification » de l’armée française en Algérie. Quoi ? Nous,
hier encore valeureux libérateurs de Paris, de la France, contre la barbarie
nazie, nous aurions été capables de telles abjections ? Mais au fait,
j’aurais pu le savoir, si j’avais vraiment voulu : Il y avait eu ces
manifestations, ce « Manifeste des 121 »et puis, et puis… les études,
les copains, les vacances ; bref, j’étais complètement passée à côté de
ces sidérantes informations ; exactement comme ces millions d’Allemands
auxquels on reprochait si vigoureusement d’avoir fermé les yeux sur les camps
de concentration. Encore les Allemands avaient-ils eu des raisons beaucoup plus
valables de « n’avoir pas vu » : c’était la guerre, avec tous
ses dangers, l’info était totalement verrouillée, la terreur nazie régnait,
chacun se méfiait de tous et avait une priorité : trouver à manger, comme
dit Brecht : « Erst kommt das Fressen, dann kommt die Moral. »
Et ils étaient des millions en effet à mener une lutte quotidienne et exclusive
pour subsister.
Moi, je n’avais pas cette excuse : je vivais
dans un pays où régnaient – en principe -la liberté de la presse et la liberté
d’opinion, et si j’avais vraiment voulu savoir, ça n’aurait pas été très
difficile. Et il fallait, ironie du sort,
que ce soit précisément en Allemagne que je reçoive cette leçon. Ca a
été le premier ébranlement, la fin de l’innocence, la fin du tout-noir et du
tout-blanc. L’envie aussi de connaître, de comprendre, d’entamer un dialogue
qui ne s’est jamais interrompu depuis.
1963,
c’était aussi l’année de ce Traité franco-allemand signé en janvier, Traité
« d’amitié franco-allemande », que Hanna Schygulla de son côté,
Victor et moi dans la foulée, à l’instar de milliers d’autres jeunes de notre
génération – j’en connais pas loin de chez nous -, étions en train de mettre en
pratique sans le savoir, comme Monsieur Jourdain et sa prose, découvrant
au-delà des belles paroles et des symboles, la réalité du pays voisin, pas
toujours facile, le dépaysement, la découverte de l’étrange mais aussi du
semblable, parfois la méfiance, voire l’hostilité, mais aussi la belle
hospitalité. Ce traité, qui paraît aujourd’hui aller de soi, nous en savons la
valeur et l’audace inouïe, replacé dans le contexte de l’époque. C’est lui qui
a mis le fameux « moteur » en route, et la construction européenne,
qui a fait d’Hanna Schygulla une Parisienne allemande et de ceux de la FAPS des
Européens franco-allemands.
mardi 22 janvier 2013
Illumination
Pour voir une superbe illumination d'un immeuble à Berlin cliquez sur ce lien, c'est stupéfiant:
http://www.youtube.com/watch_popup?v=XVTga6GmbGw&vq=medium#t=74
http://www.youtube.com/watch_popup?v=XVTga6GmbGw&vq=medium#t=74
Débat Newsring
Un débat est lancé sur le site Newsring sur le thème "Le
couple franco-allemand est-il un mariage de raison ?". Pour y participer, suivez ce lien:
http://www.newsring.fr/monde/1697-traite-de-lelysee-le-coupe-franco-allemand-un-mariage-de-raison/reperes
http://www.newsring.fr/monde/1697-traite-de-lelysee-le-coupe-franco-allemand-un-mariage-de-raison/reperes
lundi 21 janvier 2013
dimanche 20 janvier 2013
BONNES RESOLUTIONS POUR 2013........
En mettre de côté pour en avoir devant soi demeure le principe directeur
de tous ceux qui prennent les devants pour assurer leurs arrières.
(Pierre Dac)
A méditer.....
lundi 14 janvier 2013
De la part de Josette!!!
Bonjour,
Pour le cas où vous ne seriez pas au
courant, je vous signale deux conférences publiées par Midi Libre de
samedi 12/01 en page 7, dans le cycle de conférences de la Société
d'histoire du protestantisme de Nîmes et du Gard.
Samedi 13 avril : "L'intégration en
Allemagne des réfugiés huguenots français", par Viviane Rosen-Prest,
historienne. 16h, Maison du protestantisme.
Samedi 19 octobre : "Le rôle des
Eglises dans la réconciliation franco-allemande" par Rüdiger Stephan, de
l'Académie de Nîmes, dans le cadre de l'année du 50ème anniversaire de
traité De Gaulle Adenauer. 16h, Carré d'Art.
Hier soir dans le numéro spécial de
"Karambolage", quel régal de revoir les extraits des discours de De
Gaule lors de son voyage en Allemagne en 1962 !
Bises à tous.
Josette
samedi 12 janvier 2013
Testez vos connaissances
Main dans la main depuis 1963
Un jeu de la fédération des maisons franco-allemandes
Bon courage, il faut être rapide!
http://voisins-adversaires-amis.fr/jeu/
Un jeu de la fédération des maisons franco-allemandes
Bon courage, il faut être rapide!
http://voisins-adversaires-amis.fr/jeu/
mercredi 9 janvier 2013
dimanche 6 janvier 2013
mardi 1 janvier 2013
BONNE ET HEUREUSE ANNEE
Je vous avais caché ma petite incursion chez mes amis les manchots, n'est-ce pas?!
Je profite de ce petit "post" un peu idiot pour vous dire encore que je souhaite à chacun et chacune d'entre vous que cette année vous apporte paix, sérénité et santé.
Et n'oubliez pas, le 8 janvier, à 19h30, rendez-vous au CART pour les incontournables galettes des Rois!
Je profite de ce petit "post" un peu idiot pour vous dire encore que je souhaite à chacun et chacune d'entre vous que cette année vous apporte paix, sérénité et santé.
Et n'oubliez pas, le 8 janvier, à 19h30, rendez-vous au CART pour les incontournables galettes des Rois!
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